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Tribune pour le Figaro « Les Femen, meilleures ennemies du féminisme ? »

24 avr

Les Femen, emmenées par Inna Shevchenko, multiplient les happenings, le dernier en date visant le Front national. Pour la féministe Lydia Guirous, leurs provocations nuisent à la cause féministe, en dénaturant et caricaturant un combat pourtant essentiel.

Les Femen, meilleures ennemies du féminisme ?

Comment comprendre les Femen qui parfois sont seins nus dans des églises en France, parfois seins nus devant une mosquée, parfois devant une centrale nucléaire et maintenant à la conférence de presse du Front national? Sont-elles des militantes antiracistes, activistes écologistes, bouffeuses de curés, des féministes ou des icônes? On s’y perd, on ne sait pas, mais le savent-elles?

Que retient-on des actions des Femen? Rien. Si ce n’est leur hystérie et leur nudité. On peut montrer ses seins pour attirer les caméras et les photographes mais pas pour porter un message politique crédible et compréhensible. Les Femen se font malheureusement plus voir qu’entendre et elles contribuent à alimenter l’image de la femme objet hyper sexualisée et c’est en cela qu’elles trahissent et nuisent à la cause féministe. La ficelle du corps objet politique de combat est trop grossière. Dans les pays occidentaux et dans notre société de la communication et de l’ «infotainment», la multiplication des images et des actions amènera inexorablement à la banalisation des actions des Femen.

En tant que féministe, je pense que le féminisme a pour fondement la tolérance et le respect, et pour conséquence l’égalité entre les hommes et les femmes. Si le combat féministe est un combat de longue haleine qu’il faut constamment mener car il suppose un changement culturel, en aucun cas, il ne peut s’associer à ce type de mouvement provocateur et insolent. Soutenir les Femen, c’est jouer contre les femmes et contre la République.

Les Femen considèrent les femmes qui ne partagent pas leur opinion comme des «fascistes». Elles ont une vision monolithique du féminisme et décident de ce qui «bon» et «vrai». Cette vision nie le travail de longue haleine que mènent de très nombreuses femmes engagées en France. Elles oublient également que la lutte pour les droits des femmes s’est accomplie sur plusieurs décennies, voire plusieurs siècles… en France, notamment. Il ne suffit pas de quelques seins et quelques tweets pour moderniser une société, une culture. Par leurs actions, les Femen perturbent le travail des féministes. Elles caricaturent le féminisme, cristallisent les tensions et radicalisent les sociétés.

Elles laissent une image déplorable du féminisme qu’elles tentent de cannibaliser à force de happenings hyperscénarisés dont les médias sont si friands. Elles sont de «bonnes clientes», elles ont des slogans … et tant pis si derrière ces seins il n’y a jamais une proposition pour faire avancer l’égalité hommes-femmes.

Montrer ses seins pour obtenir l’égalité hommes-femmes c’est un non-sens, voire une régression des combats féministes menés depuis les années 1970 car finalement des actions seins nus, on ne retient que les seins nus. Ce sont de vieilles recettes de happening politique et du sensationnel remises aux goûts du jour… Femen ce n’est pas le nouveau féminisme… c’est du réchauffé.

Elles alimentent le culte de la femme-objet, sexualisée à outrance et à la merci des hommes et de leurs désirs. La libération du corps et de la sexualité acquis par les luttes féministes ne doit pas se transformer en exhibition sexuelle à vertu politique. Le féminisme des années 1970 pour la liberté sexuelle des femmes ne peut pas être le même que le féminisme des années 2000 pour l’égalité salariale, la parité, la lutte contre les stéréotypes…

En France, nous avons fait évoluer le féminisme vers la mise en place de politiques publiques crédibles qui rééquilibrent notre société. Les Femen par leur action veulent le ramener plusieurs décennies en arrière. Résultat: avant les féministes intriguaient… aujourd’hui, par amalgame avec les Femen, elles provoquent le rejet.

Malheureusement les Femen n’ont pas intégré cette évolution et n’ont pas compris que la situation des Françaises n’est pas celle des Ukrainiennes, des Tunisiennes ou des Indiennes. Nous ne sommes pas au même niveau d’évolution de nos droits. La meilleure façon de porter le féminisme consiste en premier lieu à le sortir de l’idéologie de la révolte, de cette forme de lutte des classes sexuée dans lequel on a voulu l’engluer et d’en faire une politique publique de réduction des inégalités.

Finalement, les Femen c’est comme le communisme, c’est la révolution avortée. Leur chute du mur de Berlin, c’est la fermeture de leur local et les récentes révélations sur l’origine du mouvement dirigé par un obscur pervers narcissique macho souhaitant humilier la cause des femmes dans le monde. Ce mouvement d’essence marxiste est voué à l’échec comme le communisme a échoué partout dans le monde sauf dans quelques dictatures…

Tribune du 24 avril 2014 pour le Figarovox ici

 

Egalité salariale hommes-femmes : les entreprises dernières victimes des erreurs de diagnostics gouvernementaux dans la chasse aux discriminations

26 avr

La ministre des Droits des femmes a annoncé jeudi que les premières sanctions visant deux entreprises n’ayant pas respecté l’égalité salariale étaient tombées. Selon Najat Vallaud-Belkacem, fidèle à l’image du gouvernement dont elle est la porte-parole, en période de crise, la seule solution est la sanction des entreprises : « la peur du gendarme ça fonctionne » déclare-t-elle sans rougir.  

Quelle curieuse conception de la relance économique et quelle honteuse récupération du concept de parité et d’égalité salariale ! Naturellement comme tout ce que fait ce gouvernement (c’est tout ce qu’il sait faire d’ailleurs) la communication est bien ficelée: la sanction aujourd’hui de deux PME intervient le jour de Equal Pay Day (journée consacrée par la Commission Européenne à l’égalité homme-femme).

Décidément, l’égalité est un subterfuge très couru par le gouvernement de François Hollande, qui après avoir mobilisé pendant des mois l’attention sur l’égalité entre les couples hétérosexuels et les couples homosexuels, revient aujourd’hui sur l’égalité entre les hommes et les femmes. Cet appel du pied, un peu grossier, aux féministes et à l’égalité homme-femme, via Najat Vallaud-Belkacem, permet uniquement à François Hollande de combler un vide de communication suite au vote de la loi Taubira. L’égalité homme-femme a toujours été pour le PS un bouche trou facile, servant à combler le vide idéologique et d’idées dans lequel il se trouve depuis des décennies.

Alors naturellement pour la féministe que je suis, l’égalité salariale est un vrai sujet, s’il est traité avec un minimum d’honnêteté et non avec un relent de lutte des classes comme a coutume de le faire le Parti Socialiste. D’ailleurs, Najat Vallaud-Belkacem ne fait qu’appliquer l’une des nombreuses lois de Nicolas Sarkozy sur l’égalité hommes-femmes et plus spécifiquement la loi du 2 novembre 2010 qui oblige les entreprises de plus de 50 salariés à se doter d’un plan ou d’un accord d’entreprise visant à empêcher les inégalités entre hommes et femmes en matière de rémunération et de déroulement de carrière. Cette loi prévoyait des sanctions civiles et pénales.

La différence c’est que le gouvernement Fillon avait eu l’intelligence de laisser du temps aux entreprises et notamment aux PME de mettre en place des dispositifs correctifs, en période de crise. 

Najat Vallaud-Belkacem, préfère, elle, employer un mécanisme cher à cette gauche trotsko-communiste qui nous gouverne, c’est-à-dire, la sanction sur base de délation. En effet, il ne faut pas se leurrer les dossiers « parité » de PME de plus de 50 salariés ne sont pas remontés tout seul au cabinet de la Ministre. Encore une fois ce gouvernement se complait à donner aux citoyens l’image d’un patron immoral, cynique et manipulateur. C’est la recette du PS pour nous sortir de la crise économique !

A force de pointer les riches du doigts et les patrons de PME, la France n’aura bientôt que des emplois publics aidés, car l’État n’a même plus les moyens de payer ses fonctionnaires. Najat Vallaud-Belkacem a-t-elle conscience qu’en affligeant une amende de 5 000 euros par mois à une PME, elle pénalisera l’ensemble des salariés de cette entreprise car pour équilibrer cette dépense le dirigeant supprimera les primes de fin d’année voire de l’emploi… et souvent celui des femmes à temps partiel…

Najat Vallaud-Belkacem a-t-elle conscience qu’en affligeant à un repreneur d’entreprise une amende d’entrée de 8 500 euros, elle décourage les entrepreneurs, les créateurs et tous ceux qui font la croissance et le PIB de notre pays ? Mais tout ça, peut-elle le comprendre en gagnant plus de 12000 euros nets par mois et en déclarant à tous les français qu’elle a le patrimoine d’un employé de bureau ?…. 

Avant le Ministère des droits des femmes de Najat Vallaud-Belkacem était inutile, aujourd’hui il est dangereux pour l’économie du pays. 

 

Lydia Guirous

Tribune publiée sur Atlantico le 26  avril 2013. Lien cliquez ici

Tribune : Il faut réinventer le féminisme

27 mar

Publiée dans le HuffingtonPost ici

Chaque année, le 8 mars, nous célébrons la journée de la femme, et chaque année les mêmes constats sont faits (inégalités salariales constantes, absence de véritable politique de la petite enfance, entrepreunariat au féminin balbutiant…). Cela prouve deux choses: la journée de la femme ne sert à rien, la cause des femmes ne progresse plus aujourd’hui en France…

La journée de la femme ne sert à rien, et je le dis chaque année… Selon moi elle caricature le rôle et la place des femmes dans la société en les mettant au rang de minorités qu’il convient de célébrer une fois par an, afin d’être politiquement correct… C’est un temps médiatique fort, qui permet aux politiques et à certaines associations féministes de geindre sur des chiffres à la véracité scientifique plus que douteuse. Autrement dit c’est le stéréotype même d’un sujet de marketing politique. On constate lors de cette journée que la plupart des associations féministes restent prudemment sur des sujets insolubles, tels que les inégalités salariales (sur lesquelles il est difficile d’avoir des chiffres et encore plus de mener des actions coercitives), la conciliation vie professionnelle - vie privée (qui dépend essentiellement de la bonne volonté des collectivités territoriales dans la mise en place d’une réelle politique de la petite enfance… surtout à Paris), ou bien encore les femmes et l’intégrisme religieux dans les pays arabes (il est toujours plus simple de s’investir sur des causes géographiquement lointaines et sur lesquelles il n’y a strictement aucune possibilité d’action sauf à envahir lesdits pays!!).

Bref, vous l’aurez compris le féminisme tel que porté par les associations essentiellement de gauche, est un féminisme à bout de souffle, un féminisme couard, plus occupé à servir les hommes et les idéologies politiques que les femmes. Ce féminisme, issu de mai 68, est un féminisme trotsko-communiste, obnubilé par la lutte des classes (c’est la raison pour laquelle les associations féministes de gauche ne parlent que d’inégalités salariales)… Ça fait pourtant longtemps que l’on a tourné la page de la lutte des classes!

Pourtant les sujets féministes ou de femmes ne manquent pas… balayons rapidement ce qui saute aux yeux, sauf des féministes de gauche… c’est normal puisque c’est la preuve et le constat de leur échec…

Les échecs du féminisme des années 70 en France, aujourd’hui

Je prendrai trois exemples: l’échec de la contraception et l’explosion des IVG, l’image dégradée des femmes à travers l’hyper-sexualisation de la télé-réalité, l’action violente et intolérante des Femen qui bafoue notre tradition républicaine et plus particulièrement la laicité.

- La dernière étude la plus séreuse menée sur le sujet a été dirigée par le Pr. Israël Nisand, chef du service gynécologique du CHU de Strasbourg, ce travail dresse un tableau inquiétant pour ne pas dire édifiant des questions autour de la sexualité des adolescents. Si les grossesses adolescentes menées à terme ont tendance à diminuer légèrement (4 500 en 2010), les interruptions volontaires de grossesse (IVG) chez les mineures continuent d’augmenter, de 1% à 5% par an, depuis vingt-cinq ans. En 1990, on comptait 8 776 IVG de mineures. En 2009, les derniers chiffres font état de 11 930 IVG chez les 15-17 ans. S’y ajoutent les 17 693 IVG des 18-19 ans et les 52 360 IVG des 20-24 ans. »Ce sujet est un marqueur social, ce sont les enfants des milieux défavorisés qui sont les plus touchés », déclarait à l’époque Jeannette Bougrab. Israël Nisand estimait qu’on pouvait réduire le nombre d’IVG chez les mineures des deux tiers, comme d’autres pays l’ont fait (soit 10 000 IVG en moins, sachant qu’une IVG coûte environ 500 euros). « Le tout est de savoir si, en France, on préfère payer des pilules ou des IVG », concluait le gynécologue.

Les IVG augmentent donc, notamment chez les mineures issues de milieux défavorisés, et tout cela se passe dans l’indifférence totale, notamment des associations censées défendre les femmes… Rappelons que la contraception est pourtant un sujet central du féminisme!!!

Rappelons aussi que l’augmentation du nombre d’IVG n’est plus une victoire pour la libération des femmes aujourd’hui, en France. Il faut d’urgence revoir la politique contraceptive et réfléchir à des partenariats avec l’industrie pharmaceutique pour assurer une vente à prix coûtant de leurs contraceptifs à l’Etat, dans le cadre d’un plan national pour les mineures.

- Autre échec du féminisme, la montée en puissance de la télé-réalité et de l’image déplorable qu’elle donne de la femme, une femme-objet, sexualisée à outrance et à la merci des hommes et de leurs désirs (un peu comme dans Cinquante nuances de Grey, autre emblème de l’échec du combat féministe). Il s’agit là pourtant d’un combat qui touche à l’essence même du combat féministe… et là, surprise, aucune indignation de la part des associations féministes autorisées par les apparatchiks de la pensée unique! Le « Bachelor » est l’ultime symbole de cette réification de la femme. On assiste à un jeu d’une incroyable perversion psychologique, dans lequel on voit un jeune homme faire ses courses au milieu de jeunes femmes prêtes à tout pour s’offrir à lui… Quel bel exemple pour nos adolescentes!! Il y a urgence à agir et interdire ce type d’émission, car elles sont les plus regardées par les adolescents, et donc constituent le socle de leurs représentations des rapports homme-femme.

- Enfin je demande aux pouvoirs publics l’interdiction des Femen en France. L’action menée par les Femen nous renvoie à une idéologie fasciste, primaire, et violente. Leur démonstration dans un lieu de culte français connu du monde entier (Notre-Dame de Paris) est indigne et trahit l’image laïque et tolérante de la République française. La laïcité n’est pas un anti-cléricalisme forcené, pas plus qu’elle n’invite à l’athéïsme ou à l’agnosticisme. Si les pères de notre République l’ont choisi comme principe moteur de notre pacte social, ce n’est pas pour qu’une bande de jeunes hystériques écervelées viennent le trahir.

En tant que féministe, je pense que le féminisme a pour fondement, la tolérance et le respect, et pour conséquence, l’égalité entre les hommes et les femmes. Si le combat féministe est un combat de longue haleine qu’il faut constamment mener car il suppose un changement culturel, en aucun cas, il ne peut s’associer à ce type de mouvement provocateur et insolent. Soutenir les Femen, c’est jouer contre les femmes et contre la République.

A travers ces trois exemples, je crois que l’on peut dire que le combat féministe est loin d’être mort, mais qu’il mérite d’être réorienté de toute urgence, sous peine de sombrer dans la caricature et l’indifférence.

Droit de garde des enfants : les féministes doivent apprendre à dénoncer les inégalités homme-femme même lorsqu’elles jouent en leur faveur

27 mar

Alors que l’association SOS Papa a été reçue cette semaine par la ministre de la Justice pour faire entendre le droit des pères divorcés, il est nécessaire de rappeler que le féminisme n’est pas un combat contre les hommes.

Le mouvement féministe a contribué à l’épanouissement personnel et professionnel des femmes. D’Olympes de Gouges à Gisèle Halimi, les femmes se sont battues pour que soient reconnus leurs compétences, leurs droits et leur liberté. Si la parité, l’égalité salariale, la lutte contre les violences restent encore des objectifs fondamentaux pour les femmes, force est de constater que de nombreux progrès ont été réalisés en France et en Europe ces dernières année

L’action de Serge Charnay, ce père retranché dans une grue à 40 mètres de haut pour pouvoir revoir son fils, donne une acuité particulière à la question de la parentalité en cas de séparation. Peu d’observateurs se sont d’ailleurs interrogés sur la dynamique entre féminisme et parentalité en cas de séparation. Le féminisme nous a permis d’acquérir la liberté de choisir son partenaire, son mode de vie, de se séparer et ce, sans subir les foudres du conservatisme. Ces libertés constituent des avancées importantes. Toutefois,  un féminisme moderne ne peut pas admettre que ces libertés se traduisent par la négation du rôle des pères en cas de séparation.
Le féminisme n’est pas un combat contre les hommes. Il est une recherche d’équilibre et de justice sociale. Cette recherche prend une acuité particulière lorsque l’on touche à la question de l’exercice de la parentalité en cas de séparation.Les réactions de l’association féministe de gauche « Osez le féminisme », qui ont suivi l’entretien de l’association « SOS Papa » avec la ministre de la Justice Christine Taubira et la Secrétaire d’Etat à la famille Dominique Bertinoti, sont indignes et sont la meilleure représentation de ce que l’on appelle la pensée unique….  Quelle consternation face à cette condamnation sans appel et ce refus de traiter les messages que portent ces pères privés de leurs enfants. Evidemment, l’association dite « masculiniste » de « SOS Papa » écrit parfois en utilisant des expressions outrancières et insultantes… mais n’est-ce pas le cas également au sein des associations féminismes ?

Au-delà de ces excès de langage, souvent l’attribut de ceux qui se sentent blessés, il est indispensable de se concentrer sur le fond du problème à savoir la séparation, parfois très brutale, entre des pères et leurs enfants.  

Doit-on rester muet face à ces chiffres alarmants de l’Institut national des études démographiques (INED) ?

  • 25% des enfants qui vivent avec leur mère et dont le père est vivant ne le voient plus jamais
  • Seulement 20 % le voient tous les 15 jours
  • Environ 12.000 plaintes ou mises en cause à la suite d’un refus de confier l’enfant au parent qui est en droit de le demander (pendant les week-ends ou les vacances) seraient enregistrées régulièrement chaque année, à la demande des hommes. Le taux de condamnation pénale est de 7 à 8 %, avec moins de 1 % de prison ferme. 
  • Environ 15.000 plaintes ou mises en cause à la suite d’un non-paiement de pension alimentaire (délit d’abandon de famille) seraient enregistrées régulièrement chaque année à la demande de femmes. Le taux de condamnation pénale est de 98 à 99 %, avec 24 % de prison ferme.

Face à ces disparités, se trouvent des réalités contrastées. Certes, dans certains cas d’urgence (violence, mise en danger d’autrui), il est logique que l’institution judiciaire se prononce en faveur de la mère. Toutefois, ces situations sont minoritaires et ne peuvent expliquer que 25% des enfants qui vivent avec leur mère et dont le père est vivant ne le voient plus jamais…

Par ailleurs, le féminisme moderne ne peut que condamner les pratiques inégalitaires et contraires à son objectif de parité. Une remise à plat globale des différents éléments psychologiques, financiers et fiscaux doit être menée de manière urgente aujourd’hui en France, lorsque des couples avec des enfants se séparent.

Être une femme libre aujourd’hui, c’est être responsable et savoir dénoncer les inégalités hommes-femmes, même lorsqu’elles jouent en faveur des femmes. Il en va de l’équilibre de notre société et de l’intérêt de nos enfants.

En savoir plus sur http://www.atlantico.fr/decryptage/droit-garde-enfants-feministes-doivent-apprendre-denoncer-inegalites-homme-femme-meme-lorsqu-elles-jouent-en-faveur-lydia-guirou-645252.html#IpQPRP48IgSzZTxc.99

Tribune de Lydia Guirous publiée par Atlantico.fr

Obama : Le choix des femmes

8 nov

Tribune publiée dans le Huffington Post par Lydia Guirous

ÉLECTIONS AMÉRICAINES - La campagne présidentielle aux USA connaît, avec l’élection de Barack Obama, une issue heureuse et favorable pour les femmes. Les nombreuses déclarations sexistes et rétrogrades des Républicains, laissaient augurer des jours sombres pour les Américaines et les droits des femmes aux Etats-Unis.

Les questions du viol et l’avortement ont été au cœur de cette campagne présidentielle. De nombreux acteurs Républicains ont cédé à la surenchère sur ces sujets en exposant leurs théories fumeuses et surannées.

Il y a d’abord eu la version « scientifique » du Républicain Todd Akin (battu dans le Missouri !) qui a parlé de « legitimate rape » (en français: un « véritable viol »). Todd Akin estime qu’en cas de « legitimate rape », le corps des femmes a les moyens de faire barrière. Autrement dit, le corps des femmes a la capacité naturelle d’empêcher une fécondation en cas de « véritable viol ». Si cette fécondation a lieu, c’est simplement pour Todd Akin qu’il ne s’agit pas de « véritable viol ».

Il y a aussi la version plus mystique de Richard Mourdoch (battu dans l’Indiana !) pour qui une grossesse après un viol est la « volonté de Dieu »… Il ne faut donc aller, sous aucune condition (évidemment), contre la volonté de Dieu… Violée ou pas…

Concernant la contraception, l’élection des Républicains aurait également remis en cause le remboursement de la pilule et mis fin aux subventions du Planned Parenthood (Planning familial). Ces mesures auraient évidement touché les populations les plus fragiles économiquement et les jeunes… les exposant davantage aux grossesses non souhaitées.

Avec Romney, l’Obamacare aurait également été remis en cause, ce qui signifie la fin de la prise en charge, entres autres, des examens de santé gynécologiques et de dépistage du cancer du sein… qu’une majorité d’Américaines ne peut évidemment pas se payer… Mais qu’importe, les femmes atteintes d’un cancer du sein, c’est certainement aussi une affaire de «volonté de dieu», n’est-ce pas Monsieur Mourdoch?

Qu’en est-il de la place des femmes au sein du gouvernement si Mitt Romney avait été élu? Le Républicain aurait certainement nommé des femmes aux postes de femmes… Ils les auraient trouvés dans ces fameux «binders full of women» («classeurs pleins de femmes» en français). En matière de conception de la parité, il ne ferait pas mieux que notre Président de la République, François Hollande, qui avait déclaré, lors de la campagne en mars 2012, devant les féministes: « Un bon principe que d’avoir autant d’hommes que de femmes dans un gouvernement » et d’ajouter: « Cela ne veut pas dire que les responsabilités seraient les mêmes. »

La conception du droit des femmes de Romney rejoint celle de Hollande

Autrement dit, selon la conception de François Hollande qui donc rejoint celle de Mitt Romney, les femmes ont une sensibilité telle qu’elles ne peuvent exercer des responsabilités gouvernementales que dans les strapontins que sont les secrétariats d’état ou les ministères délégués aux droits des femmes, à la famille, ou à la jeunesse et à la vie associative. François Hollande a tenu sa promesse de parité «sur le principe» mais a surtout maintenu sa vision archaïque de celle-ci : aucune femme à l’économie et aux finances, aucune femme à l’éducation, aucune à la Défense, aucune femme à l’Intérieur, aucune femme aux Affaires étrangères… et ne parlons pas de la composition des cabinets.

De déclarations sexistes en démonstrations nauséabondes sur le viol et l’avortement, comment ne pouvait-on pas s’inquiéter pour les femmes américaines en cas de victoire du Républicain Mitt Romney? Comment ne pas imaginer les droits des femmes de la première puissance mondiale reculer au point d’arriver au niveau de celui des iraniennes? C’est certain, le puritanisme aveuglé des républicains aurait inévitablement conduit à un déclin des droits des femmes aux États-Unis.

L’histoire et les Américains ont fait confiance à Barack Obama. Aujourd’hui, il a un devoir vis-à vis des Américaines qui ont voté à 54% pour lui. La campagne s’était crispée sur les sujets qui touchent à la chair des femmes et quelques illuminés puritains ont voulu décider ce qui était bon pour elles. Les Américaines se sont mobilisées et les ont rejetés.

Les Américaines ont fait le choix de pouvoir choisir.

Elles envoient massivement un message fort au président Obama. Espérons qu’il le comprenne et engage les mesures qu’elles attendent.

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