L’orthoptie expliquée simplement pour mieux comprendre ses bienfaits

On ne naît pas orthoptiste, on le devient. Derrière ce nom encore méconnu du grand public, se cache une discipline à la croisée des chemins entre science de la vision et précision thérapeutique. L’orthoptie ne se limite pas à corriger un œil qui louche ou à poser un cache sur celui d’un enfant. Elle s’attelle à rétablir une harmonie fragile : celle de la vision binoculaire, cette capacité à percevoir le monde à travers deux yeux qui doivent fonctionner de concert.

Qu’est-ce que l’orthoptie ?

Le terme orthoptie vient du grec « orthos », signifiant « droit ». Au cœur de cette discipline, une mission : diagnostiquer et traiter les troubles liés à la vision binoculaire, c’est-à-dire la coordination entre les deux yeux. Chaque œil perçoit une image légèrement différente ; le cerveau fusionne ces deux images pour créer une perception globale du monde. Grâce à ce mécanisme, nous pouvons estimer les distances, apprécier la profondeur et naviguer dans l’espace. Si ce système se dérègle, la perception se brouille. Les origines de ces troubles sont multiples, parfois présentes dès la naissance, parfois acquises au fil du temps.

Les possibilités offertes par l’orthoptie

Contrairement à une idée reçue, l’orthoptie ne s’adresse pas uniquement aux enfants, même si la jeunesse demeure une période clé pour agir : c’est là que l’interaction œil-cerveau se construit et peut être la plus vulnérable. Cette rééducation visuelle trouve son utilité dans une grande variété de situations, que l’on soit confronté à un strabisme (alignement anarchique des yeux), à un nystagmus (mouvements involontaires des yeux) ou à d’autres troubles du mouvement oculaire.

Voici quelques exemples concrets de situations où l’orthoptie intervient :

  • Un enfant présentant un strabisme : un œil fixe un objet, l’autre dévie, ce qui peut entraîner une amblyopie, une faiblesse de la vision sur l’œil sollicité de façon moindre.
  • Des formes variées de strabisme, selon la direction de la déviation : vers l’intérieur (ésophorie), vers l’extérieur (exophorie), vers le haut (hyperphorie) ou vers le bas (hypophorie), ou encore des rotations anormales (cyclophorie).
  • Un adulte victime d’une hémianopsie, c’est-à-dire une perte de la moitié du champ visuel, souvent après un accident vasculaire.
  • Des enfants prématurés ou porteurs de handicaps, pour qui les capacités visuelles doivent être surveillées et stimulées.
  • Des personnes souffrant de fatigue visuelle, de maux de tête inexpliqués, de difficultés de lecture ou de concentration.

Dans tous ces cas, l’orthoptiste s’impose comme un allié précieux pour restaurer, compenser ou améliorer une vision perturbée.

Comment le diagnostic est-il posé dans le cadre de l’orthoptie ?

Tout commence par un examen ophtalmologique approfondi. L’objectif : comprendre comment les yeux travaillent ensemble, évaluer l’étendue du champ visuel, scruter la position et les mouvements oculaires, détecter les signes d’un éventuel strabisme. Pour mesurer la coopération entre les deux yeux, l’orthoptiste s’appuie sur des outils spécifiques, comme l’haploscope, capable de tester la fusion des images par le cerveau. Ce travail de détective visuel distingue l’orthoptie d’une simple visite de contrôle chez l’ophtalmologue.

Quelles sont les options de traitement dans le domaine de l’orthoptie ?

Le champ d’action de l’orthoptiste est vaste : il va de l’adaptation de lunettes à la rééducation motrice des yeux. Chez le jeune enfant atteint de strabisme, l’enjeu est d’éviter l’amblyopie, cette perte de vision liée à la sous-utilisation d’un œil, grâce à une correction optique adaptée, ou en cachant l’œil sain pour forcer le travail du plus faible.

Si le strabisme apparaît soudainement, la double vision (ou diplopie) peut devenir un cauchemar quotidien. Dans ce cas, une intervention chirurgicale peut être envisagée, ou un ajustement avec des prismes inclus dans les verres de lunettes pour réaligner le regard et soulager le cerveau.

En cas de champ visuel amputé (hémianopsie), des exercices de lecture spécifiques ou l’usage de lunettes à prisme peuvent permettre de tirer le meilleur parti des capacités restantes, élargissant ainsi la perception visuelle et l’autonomie au quotidien.

CONCLUSION

L’orthoptie, c’est l’art de redonner une chance à la vision binoculaire, là où la coordination des yeux vacille. Face à un strabisme familial ou soudain, la vigilance s’impose : un dépistage précoce chez l’enfant peut faire la différence entre une vision solide et une faiblesse irréversible. Un rendez-vous chez l’ophtalmologiste, un passage chez l’orthoptiste, et c’est parfois tout un futur visuel qui bascule du bon côté. Ne laissez pas un trouble discret s’installer dans le silence : la vision mérite qu’on la défende, œil dans la main.

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