Une vétérinaire américaine partage sur son blog les « sales boulots » qui rythment son quotidien. Pour illustrer la réalité du métier, voici quelques extraits de son témoignage, traduits en allemand :
« En tant que vétérinaire entourée de nombreux étudiants rêvant de cette profession, j’aime observer leur regard neuf. La plupart placent l’euthanasie tout en haut des actes les plus redoutés. »
« Pour être honnête, je ne me suis jamais vraiment habituée à pratiquer l’euthanasie. Je n’en éprouve pas de terreur, non plus. C’est une intervention que j’estime, elle a du sens. Mais couper des griffes ? Là, c’est une autre affaire. »
Quand le métier se frotte à l’ingrat
La réalité, c’est que même si le travail de vétérinaire offre son lot de satisfactions, certaines tâches reviennent, tenaces, et nous rappellent à l’ordre. Voici, sans détours, une liste des interventions qui font grimacer plus d’un praticien :
- Couper les griffes : Les animaux, surtout les chiens, détestent ce moment. Les propriétaires pourraient s’y atteler chez eux, mais bien souvent, la tâche nous retombe dessus. On se retrouve à manipuler des pattes et à raccourcir des griffes qui n’ont pas vu un coupe-griffes depuis des mois. Impossible, dans ces conditions, d’être réellement utile… surtout si la coupe se limite à une fois par an.
- Vider les glandes anales : Peu de vétérinaires apprécient ce geste. L’odeur est difficile à oublier, le geste salissant, et il n’y a rien de plaisant à y retourner semaine après semaine.
- Aborder la question du poids : Plus pénible encore que les glandes anales, il y a la discussion sur le poids. Les consultations tournent parfois en boucle : propriétaires sur la défensive, déni du surpoids, refus de changer les habitudes. De quoi mettre les nerfs à rude épreuve, quand bien même on sait qu’il faut insister.
- Examens rectaux : Un ancien professeur plaisantait : « Il n’y a que deux raisons pour éviter un examen rectal : pas de rectum, pas de doigts. » L’humour masque un malaise : cette procédure, pourtant simple, reste franchement désagréable. Les animaux n’en veulent pas, et personne n’a envie de contrarier patients et maîtres à la chaîne.
- Retirer les tiques : Qu’elles soient minuscules ou gorgées de sang, les tiques suscitent l’aversion. Personne n’a jamais sauté de joie à l’idée de les enlever.
- Opérer un pyomètre : Voir du pus ne me trouble plus depuis longtemps. Mais retirer un utérus rempli de pus, le fameux pyomètre,, c’est une autre histoire. La texture, l’odeur, l’idée même de ce qui se cache sous la surface… difficile de faire pire.
- Soigner des plaies infestées d’asticots : Il m’en faut beaucoup pour reculer, mais les blessures grouillantes de larves restent, pour moi, l’épreuve ultime. L’apparence, l’odeur, tout concourt à rendre ces situations inoubliables… et peu enviables.
- Castrer des chiens en surpoids : Contrairement à une croyance répandue, la castration n’a rien d’anodin, surtout chez les chiens enrobés. L’acte demande de la technique, de la patience, et s’accompagne de risques accrus. Aucun vétérinaire ne se réjouit de ce type d’intervention.
- Et si la castration des femelles en surpoids me rebute, un point vient juste après : les rappels. SMS, mails, conversations en face à face, tout vaut mieux qu’un appel téléphonique. Pourquoi ? Difficile à dire, mais c’est comme ça.
Face à cette liste, on se dit parfois que si ce sont là les pires moments de la médecine vétérinaire, alors le choix de carrière n’était pas si mauvais. Mais chacun se fera son idée.
Publié par Dr. Patty Khuly.
Version originale et complète disponible sur : www.vetstreet.com/our-pet-experts/nine-dirty-jobs-i-dread-in-vet-medicine
À propos de l’auteur :
Tonia Olson a obtenu son diplôme de médecine vétérinaire à Munich en 2005. Après plusieurs années passées en Scandinavie, notamment dans un cabinet mixte en ville, elle a rejoint, à l’issue de son congé parental, une clinique pour animaux de compagnie près de Munich. Elle partage sa vie avec son mari, leurs deux enfants, un chat et un chien.

