Certains bijoux valent plus qu’un portefeuille bien garni. D’autres n’ont de prix que pour celui ou celle qui les porte. Mais pour les protéger, il faut savoir ce qu’ils pèsent vraiment, sentimentalement, peut-être, mais surtout, aux yeux d’un assureur. L’estimation, cette étape souvent négligée, s’impose alors comme un passage obligé, aussi bien pour les héritages de famille que pour la bague flambant neuve. Mais qui a la légitimité de juger vos trésors ? Et que recouvre exactement cette fameuse « expertise » ?
Lorsque l’on parle d’évaluer un bijou, il ne s’agit pas d’un simple coup d’œil ou d’une intuition rapide. Un spécialiste, issu du monde de la gemmologie ou de la joaillerie, s’appuie sur des critères précis pour déterminer la valeur d’une pièce. Chaque détail compte : la description du bijou, l’analyse minutieuse des pierres, la nature et le poids des métaux, rien n’est laissé au hasard. L’examen va bien au-delà de l’apparence, il s’agit d’un véritable décryptage technique, respectant les standards internationaux de qualité.
Une fois l’évaluation réalisée, le spécialiste remet un rapport écrit, souvent accompagné de photos. Ce document officiel n’est pas à prendre à la légère : il constitue la preuve de la valeur du bijou et sert de référence en cas de sinistre. En cas de vol ou de perte, il sera exigé par votre assureur pour établir vos droits. Il est donc vital de conserver ce rapport précieusement, tout comme il est nécessaire que le nom, les qualifications et la signature de l’expert y figurent clairement.
Qui doit faire l’expertise ?
Pour obtenir une estimation fiable, plusieurs options s’offrent à vous. Si votre bijoutier possède les compétences requises, il peut tout à fait réaliser cette démarche. Par exemple, à l’Atelier Joaillerie, Teddy Chevalier, diplômé du laboratoire de gemmologie HRD à Anvers, et Clémentine Chevalier, formée à l’école Boulle, reçoivent les particuliers sans rendez-vous et fournissent une proposition chiffrée, sans obligation d’achat ni engagement. Ce type d’accueil personnalisé, rare mais précieux, permet d’obtenir une première idée de la valeur de vos bijoux précieux.
Avant de vous lancer, il reste judicieux de consulter votre compagnie d’assurance. Certaines entreprises exigent que l’expertise soit réalisée par des professionnels agréés ou référencés. Prendre ce renseignement en amont évite bien des déconvenues. Enfin, pensez à faire réévaluer vos bijoux tous les trois ans environ. Les fluctuations du marché, cours de l’or, évolution de la demande sur certaines pierres, peuvent faire évoluer la valeur de vos pièces bien plus vite qu’on ne l’imagine.
Bijoux et bijoux anciens récemment examinés
Pour les bijoux contemporains, l’expertise par un bijoutier qualifié reste la solution la plus directe. Mais lorsqu’il s’agit de pièces anciennes, la démarche se complexifie. Ici, la valeur historique ou patrimoniale vient s’ajouter à la valeur marchande. L’ancienneté, la rareté ou la provenance peuvent transformer un simple objet en véritable pièce de collection. Dans ce cas, il peut être pertinent de solliciter un commissaire-priseur, dont la formation couvre à la fois l’histoire de l’art et la connaissance du marché.
Il faut aussi garder en tête que l’expertise de bijoux anciens peut s’avérer plus onéreuse que celle des créations récentes. Ce surcoût se justifie par le temps consacré à l’analyse et parfois par la nécessité de recherches complémentaires sur l’origine ou la datation du bijou. Mais pour qui possède une broche Art déco héritée d’une arrière-grand-mère ou une bague de fiançailles Belle Époque, la précision n’a pas de prix.
Au final, confier ses bijoux à l’œil averti d’un expert, c’est accepter de voir ses souvenirs et ses investissements passer au crible de la connaissance. Une démarche qui, loin d’ôter leur magie aux objets, leur donne toute leur place dans votre histoire et, parfois, sur le marché. Et si demain, un héritier découvre ce rapport d’expertise dans un tiroir, c’est tout un pan de vie qui ressurgira, chiffres à l’appui.

